Les idées du Conseil National du Numérique

Conseil National du NumériqueQuelle place et quel statut pour le travail humain dans la société de demain ? Toute entreprise installée a-t-elle vocation à être ubérisée ? Quel dialogue social à l’heure du numérique ? Le numérique favorise-t-il une autonomisation émancipatrice des travailleurs ? Telles sont les questions que pose le rapport « Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires » remis par le Conseil National du Numérique à la ministre du Travail Myriam El Khomri le 6 janvier 2016. Derrière ces questions, la conduite de la transformation numérique des entreprises dans un contexte économique qui a vu l’emploi se réduire ces 20 dernières années. Pour rappel, entre 1900 et 2007, 29 % des destructions d’emploi dans l’industrialisation seraient dues à l’augmentation des gains de productivité, 65 % entre 2000 et 2007. D’un autre côté, le numérique aurait contribué à créer de nombreux emplois (1,5 millions selon certaines études). Parmi les recommandations qui répondent à ces questions, le CNNum propose la création d’une catégorie de “travailleur économiquement dépendant”, à mi-chemin entre le salarié et l’autoentrepreneur. La pluriactivité et les parcours hybrides seraient alors de mise (entrepreneur-enseignant, étudiant-entrepreneur…), avec une reconnaissance juridique spécifique. Dans une idée de continuité apparaîtrait un droit individuel à la contribution, pour favoriser les activités liées à des projets individuels et collectifs (création d’entreprise, mais aussi bénévolat, participation à des contenus numériques…). Côté monde du travail, l’entreprise s’assouplit, avec des modes de management collaboratif et du “tutorat inversé” – les jeunes compétents en matière numérique venant en aide aux plus âgés. Autre proposition intéressante : l’expérimentation d’un revenu universel minimum sur les modèles hollandais et finlandais, qui viendrait remplacer le RSA.