Emploi des travailleurs handicapés : un bilan mitigé

La 16ème édition de la Semaine de l’Emploi des Personnes Handicapées (SEPH) achevée, c’est l’occasion de faire un point sur l’emploi des personnes handicapées.

Des a priori qui perdurent
L’Observatoire des discriminations relève des faits de discrimination criants en direction des personnes handicapées, liés à la peur que suscite le handicap, alors que la grande majorité des handicaps ne sont pas visibles. Des préjugés qui viennent s’ajouter à d’autres facteurs discriminants comme l’âge, 43 % des personnes handicapées au chômage ayant plus de 50 ans…

Une population plus touchée par le chômage
Avec 22 % de taux de chômage, les personnes handicapées sont deux fois plus touchées que la moyenne. La conjoncture économique amplifie le phénomène : pour 2012, l’Agefiph indique que la part des personnes handicapées dans la demande d’emploi atteint 7,5 %, contre 6,4 % en 2011.


Un effort de la part des entreprises
La loi fixe pour les entreprises d’au moins 20 salariés un quota d’embauche de 6 % de personnes handicapées, y compris par le biais de sous-traitants. Or, selon le ministère du Travail, plus de 20 % de ces entreprises n’employaient aucun travailleur handicapé en 2010, préférant contribuer au fonds de l’Agefiph : elles étaient ainsi 47 520 à le faire en 2010. Un chiffre en baisse (44 458 en 2011), signe que les entreprises, notamment dans le secteur de la banque, de l’assurance et des télécoms, commencent à sauter le pas du recrutement.

Le problème de la formation
Selon l’Agefiph, 77 % des demandeurs d’emploi handicapés possèdent un diplôme inférieur au bac, contre 58 % pour les autres demandeurs d’emploi. Une difficulté mise en avant par les entreprises à la recherche de profils qualifiés. Les problèmes d’accessibilité dans la formation notamment sont pointés du doigt. Point positif : entre 2005 et 2009, les signatures de contrats de professionnalisation ont doublé, avec à la clé des embauches en CDI.