Est-ce le bon moment pour changer d’emploi ?

Avec 5 % de cadres qui ont changé d’entreprise en 2009, la France possède le taux de mobilité externe le plus élevé en Europe. Cependant, ce taux était de 8 % l’année précédente. La crise est passée par là et avec elle, une certaine peur du changement. 2010 et ce début d’année 2011 ont marqué un début de reprise économique : est-ce pour autant le bon moment pour changer d’emploi ?

« Le contexte actuel n’est pas idéal, mais il n’y a pas de “bon moment” en tant que tel. Il appartient à chacun de se poser la question, par rapport à son évolution professionnelle, mais aussi familiale et personnelle », répond Jean-Luc Descamps, consultant RH. Ainsi, au-delà du contexte économique, des éléments déterminants vont entrer en jeu : « quand un travail ne nous plaît pas ou plus ou qu’il s’effectue dans de mauvaises conditions ; quand la situation devient difficile, que l’on se trouve dans un environnement qui fait mal ; quand on a fait le tour d’un poste, qu’on n’apprend plus rien », poursuit Jean-Luc Descamps, qui rappelle également que certaines entreprises prennent pour référence une durée de trois ans entre deux changements de poste. Statistiquement, les raisons qui poussent les salariés à changer d’entreprise (la majorité) ou de poste (mobilité interne) sont d’abord l’attirance pour un autre poste, une prise de responsabilités et les possibilités d’évolution, les questions de rémunération arrivant en dernière position. Changer, mais pour quoi ? « Il est primordial d’avoir une idée précise de son projet et de se projeter dans le temps », indique Jean-Luc Descamps. « Il faut entre un et deux ans pour préparer un changement professionnel, en particulier si cela nécessite d’adapter ses compétences ou de se reconvertir. Cela peut en effet passer par différents outils qui prennent plus ou moins de temps : CIF, DIF, VAE, bilan de compétences, enquêtes-métiers… » Un changement d’emploi peut également entraîner un changement géographique : certaines régions attirent et recrutent plus que d’autres (la région PACA notamment) ; l’étranger aussi, plébiscité par les jeunes notamment. Il est également des situations pour lesquelles il est plus facile de changer, quand on est cadre (ingénieur, commercial…) dans un secteur porteur (industrie, informatique…) par exemple. « Dans tous les cas, il faut multiplier les contacts : organismes de formation, salons/forums d’entreprises, etc. », conclut Jean-Luc Descamps. « Avec la certitude de savoir ce que l’on perd mais pas ce que l’on gagne ! » Pascaline Roi