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Comment réussir son entretien d’embauche?

Lire l’article Suite à l’appel à questions sur le thème de l’entretien d’embauche, voici une sélection des questions que vous nous avez envoyées, accompagnée des réponses d’un groupe d’experts du pôle “Trouver un emploi” de l’Anpe/Cité des métiers de Paris.

Question : “J’ai terminé mes études de Tourisme il y a un an, et je recherche toujours un emploi dans ce domaine. Lors d’un entretien, comment apparaitre mature et se différencier des autres candidats, lorsque l’on est jeune diplômée, et que l’on a une voix “fluette” qui ne joue pas en sa faveur… Comment éviter de paraitre scolaire ?” Stéphanie, 24 ans, Plouhinec dans le Finistère.

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“Une bonne connaissance des postes, du secteur, des employeurs, que vous pourrez renforcer par une enquête terrain, transmettra une impression de maturité. Ainsi qu’une bonne connaissance de vos compétences et de votre “savoir-être”, peut-être déjà mis en oeuvre lors de stages. Au besoin, l’ANPE propose, dans le cadre de ses ateliers, un thème “faire le point sur les atouts et difficultés de sa recherche d’emploi” qui peut vous aider à diagnostiquer des manques. Enfin, concernant votre voix “fluette”, prudence : après un temps de chômage, il est naturel de complexer, d’attribuer ses difficultés à tel ou tel détail… Néanmoins, quelques cours de théâtre peuvent vous aider à “placer” votre voix, sans la dénaturer.

Question : “J’aimerais savoir comment appréhender les annonces d’offre où les salaires ne sont pas indiqués et que l’employeur demande de préciser nos prétentions salariales. Trop basses par rapport à nos attentes, nous décrochons un entretien mais comment alors faire pour renégocier à la hausse ? En corrélation avec nos compétences et expériences, les chances de ne pas arriver jusqu’à l’entretien et de se faire trier verticalement sont grandes. J’ai bien essayé de ne pas préciser mes prétentions en terme de salaire et de glisser subtilement l’idée que le sujet serait abordé lors de l’entretien et chaque fois, mes prétentions ne m’ont pas été demandées mais le salaire m’a été imposé (en général un bon vieux SMIC) sans possibilité de négocier (j’ai essayé en appuyant sur mes atouts qui semblaient correspondre à leurs besoins et bizarrement n’ai pas été retenue). Ce genre d’annonce est-il typique d’un salaire au rabais ? Y a-t-il des subtilités dans la négociation qui m’échappe ? Vaut-il mieux accepter et renégocier une fois le contrat signé (me parait compliqué) ? Je précise qu’il s’agit de contrat à durée déterminée, donc pas d’évolution à l’ancienneté.” Laure, Marcuz La Clusaz (74), 31 ans, assistante de direction, bilingue.

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“On n’est pas toujours en position de négocier, mais simplement d’accepter ou de refuser une proposition. Nous n’avons pas tous des talents de négociateurs, les entreprises n’ont pas toutes une culture de la négociation et d’autres facteurs influent (offre/demande…). En amont de la démarche, déterminez vos conditions, ce qui est possible ou pas pour vous, notamment en fonction de vos besoins financiers. Déterminez quel est votre minimum. Comparez avec le salaire des offres diffusées, la convention collective… Votre proposition doit être réaliste. Pour négocier, entraînez-vous sans complexe sur des postes qui vous intéressent peu, vous serez d’autant plus à l’aise. Par ailleurs, tentez d’estimer le nombre de candidatures reçues ; difficile d’imposer ses conditions s’il y a pléthore de candidats…”

Question : “Ayant été licenciée alors que j’étais en arrêt longue maladie depuis presque deux ans, j’appréhende toujours, lors d’un entretien d’embauche, le moment où l’on me demande pourquoi et pour quelles raisons j’ai quitté mon emploi précédent au bout de 15 ans d’activité dans cette même structure. Comment répondre de façon positive ?” Catherine, 41 ans.

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“Il y a plusieurs aspects dans cette question complexe. Comment évoquer un licenciement ? Faut-il parler d’un arrêt maladie ? Quelle est l’articulation entre les deux ? Comment positiver une expérience longue ? Il faut déterminer et tester une stratégie : tout dévoiler, ne dévoiler qu’une partie… Il faut pouvoir se roder par des simulations (nous en proposons à la Cité des métiers), se sentir à l’aise avec sa propre argumentation. Vous pouvez vous appuyer sur un Cercle de recherche d’emploi ou sur un Objectif emploi, deux prestations d’accompagnement proposées par l’ANPE.”

Question : “Comment expliquer un trou dans son CV suite à un problème de santé qui a duré plusieurs années ?” Anonyme.

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“Ce n’est jamais simple. Le “trou” est-il récent ou pas ? S’il a été suivi d’une période d’emploi, le recruteur sera moins inquiet : on vous a déjà fait confiance, donc le risque est minimisé. Si le trou est récent, est-il possible de vous “remettre le pied à l’étrier” en travaillant le réseau relationnel, pour éviter une approche frontale (piles de CV, concurrence…) ? Quelles questions se pose le recruteur : pourquoi ce trou ? Si c’est un problème de santé, est-il invalidant ? L’interruption de travail fait-elle que vous n’êtes plus à la page ? Dans certains cas, une évaluation de compétences et une remise à niveau seront souhaitables pour vous redonner confiance et pour rassurer les employeurs.
Mais de fait, il n’est pas simple d’évoquer certaines maladies (cancer, dépression…). Si on fait le pari d’en parler, il faudra transmettre l’impression qu’on a définitivement “surmonté” et qu’on en tire au final de l’énergie.”

Question : “J’ai 45 ans et suis cadre de gestion commerciale au chômage depuis le 1/02/2006. Ma rémunération passée, après 14 ans dans la même structure, était de 76KE par an. J’ai eu des entretiens sur la base d’annonces non chiffrées mais étiquetées “sénior ou confirmé” : au moment d’aborder mes prétentions j’ai fait état de la fourchette dans laquelle se situait mon ancienne rémunération tout en précisant qu’actuellement mes indemnisations étaient de 50 KE. Dans les deux cas, les entrepreneurs (je ne vise que le secteur des PME/PMI) m’ont indiqué qu’ils me feraient des propositions…. pour me dire in fine qu’ils n’avaient pas le budget. Quels conseils me prodigueriez-vous pour aborder cet aspect prétentions salariales sans effrayer ?”

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“Il est fréquent pour votre tranche d’âge, surtout si on a travaillé dans une grande entreprise, de devoir accepter une baisse de rémunération. Soyez au clair sur votre besoin réel comme sur les salaires du secteur. De toutes façons, après plus d’un an de recherche, votre priorité sera sans doute le retour à l’emploi (y compris missions, CDD…) pour rafraîchir votre CV. Vous ne serez probablement pas en position de négocier le salaire.
Renseignez-vous auprès de l’Assedic pour savoir quel complément vous pourriez percevoir à votre nouveau salaire, s’il est en baisse par rapport au précédent, et quelle incitation financière aura un employeur à vous recruter (aide dégressive à l’emploi). Soyez prêt à l’évoquer lors d’un entretien et en cas de réponse négative, interrogez l’entreprise sur son budget.
Vous pouvez plus facilement négocier le variable, c’est une façon de valoriser votre volonté d’investissement.”

Question : “Sur mon CV, j’ai indiqué “35 ans, célibataire”. Je n’ai pas d’enfant. Lors de l’entretien, comment répondre à une question sur ma situation personnelle ? Par exemple : êtes-vous en couple ? Allez-vous avoir des enfants ? Pourquoi n’êtes-vous pas mariée ?” Karine.

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“Votre situation (âge, situation matrimoniale) est très favorable, vous pouvez donc répondre de façon naturelle et confiante, ramener doucement au professionnel si l’entretien dérape trop vers l’intime. Vous pouvez aussi ne pas répondre frontalement. A la question “pourquoi n’êtes-vous pas mariée”, vous pouvez répondre “en tout cas, l’avantage pour vous, c’est (etc).”

Question : “Comment reconnaître que l’on manque d’expérience tout en ne se dévalorisant pas ?” Elodie.

Sandrine Dumont-Bensaïd, Frederic Joachim, Sarah Crochard, Paul de Maricourt (Anpe-Cité des métiers de Paris) :
“Rassurez-vous, vous ne seriez pas en situation d’entretien si votre profil ne semblait pas intéressant ! Valorisez le contenu des expériences (stages…), à défaut de leur durée. Valorisez votre tempérament, vos compétences, montrez de la clarté dans vos objectifs, exprimez votre énergie, démontrez votre potentiel par les situations auxquelles vous avez du faire face.
Les ANPE, Maisons de l’emploi ou Cités des métiers peuvent vous aider à trouver vos arguments (ateliers, clubs de jeunes diplômés…).”